Pour Patrick J. Brunet « le développement des médias et des industries culturelles relève de la tendance à la mise en spectacle de la société ou la mise en specturalisation du social et à la mise en scène du moi ». En effet, dans l’espace médiatique nous voyons surgir des émissions de télé-réalité qui mettent en scène des anonymes ou des célébrités. Regroupées dans un espace clos et filmées jour et nuit, elles vivent devant des caméras dont les images sont ensuite retransmises au public de ses émissions. Ce qui est de l’ordre du privé, comme prendre une douche ou dormir, devient public. Des situations ordinaires deviennent extraordinaires du simple fait qu’elles soient portées d’une part à la vue de tous et qu’un montage permet de les scénarisées. L’intervention d’un média, ici la télévision fait donc passer l’individu du stade de l’anonyme au stade du héro.
Comme nous le verrons dans un prochain post Internet participe à cette mise en scène du moi. En effet, son utilisation soulève un questionnement autour de la notion de privé et de public dans nos sociétés modernes. L’internaute de part l’utilisation d’un médium technique, en l’occurrence l’ordinateur relié à un modem, est à la fois dans un domaine privé : son domicile par exemple mais agit dans un espace public : le cyberespace, qu’il partage avec des millions d’autres internautes. Avec la création des blogs, l’internaute partage avec des inconnus ses expériences et ses réflexions personnelles, ses déceptions et ses rêves. Sur le chat, le profil personnel que remplit le chatteur met à disposition de tous, des données parfois très personnelles. Ainsi ce qui concerne ordinairement la vie privée entre dans la sphère publique et est soumis à l’appréciation et à l’interprétation de tous.
L’intervention de l’écrit et d’un médium permet ainsi la scénarisation de la vie, participant alors à la mise en scène de soi.
Bonjour
Je vais une fois de plus me permettre de reprendre vos propos afin de poser des questionnements certes pas toujours très optimistes concernant l’univers des NTIC et du réseau internet tout particulièrement. Je cite :
* ‘..Internet participe à cette mise en scène du moi. En effet, son utilisation soulève un questionnement autour de la notion de privé et de public dans nos sociétés modernes..’
* ‘..Avec la création des blogs, l’internaute partage avec des inconnus ses expériences et ses réflexions personnelles, ses déceptions et ses rêves..’
* ‘..Sur le chat, le profil personnel que remplit le chatteur met à disposition de tous, des données parfois très personnelles..’
* ‘..Ainsi ce qui concerne ordinairement la vie privée entre dans la sphère publique et est soumis à l’appréciation et à l’interprétation de tous..’
Vos interventions sur le sujet de la mise en scène de soi reposent une fois de plus la question épineuse de la sauvegarde du soi en tant qu’individu.
Quel impact peuvent avoir la mise en scène de soi sur l’intimité de l’individu et sur les relations de l’individu avec son entourage?
La scénarisation, la mise en spectacle de l’individu à travers ces NTIC permettent à tout à chacun de s’inventer une nouvelle vie, un nouvel environnement social, un nouveau langage, une nouvelle perception des choses. Mais quelles limites à l’atteinte de l’intimité de l’être au nom du développement technologique et de la mise en spectacle de l’individu au sein de la société?
Pourquoi l’individu cède t’il de plus en plus facilement à ce besoin de livrer son identité et sa vie privée?
Le blogueur, le chatteur, recherchent t’ils une mise à l’épreuve ou un besoin de reconnaissance, d’appréciation de la société?
La tendance à la mise en spectacle de la société, le voyeurisme ambiant, l’envie de tout maîtriser, de tout ordonner (cf votre article sur les NTIC, Philippe Breton) ne portent-ils pas atteinte à l’intégrité même de l’individu?