Ce qui expliquerait l’enthousiasme pour les nouvelles technologies de la communication et particulièrement d’Internet est, d’une part, l’omniprésence dans le discours politique, des médias et des élites, de l’identification du progrès à ces nouvelles techniques et le souhait de modifier les relations humaines et sociales grâce à elles.
Symbole de liberté et de la capacité à maîtriser le temps et l’espace, elles agissent sans intermédiaire, le résultat est immédiat, elles suppriment les hiérarchies, et laissent l’individu maître de ses actes. Il peut par Internet se cultiver, s’informer et créer de nouveaux réseaux de sociabilité.
Internet serait donc le symbole d’une nouvelle utopie où les hommes seraient libres et égaux, chacun pourrait y trouver une nouvelle chance d’émancipation puisque que les barrières sociales y seraient abolies. Pour les jeunes c’est également un moyen de se distinguer de la génération précédente qui a connu comme révolution technologique celui de la télévision.
Ce qui nourrit réellement cette utopie c’est la croyance que grâce à Internet, le monde peut devenir meilleur. A l’ère du capitalisme et de l’effondrement du communisme est née la recherche de nouvelles solidarités et de nouvelles façons de penser le monde en imaginant un monde où la technique pourrait venir à bout des inégalités sociales et culturelles, rapprocher les cultures et unir les êtres par de-là les différences sociales ou raciales.
Philippe Breton rajoute que le « culte d’Internet », comme il le nomme, s’appuie sur un idéal de transparence, tout d’abord au niveau des règles, sur lesquelles s’appuie Internet qui « renvoie à un monde d’ordre, un monde où on met de l’ordre dans les choses. Cette recherche d’ordre mystique peut procurer la sensation curieuse que l’on a accès aux règles fondamentales qui organisent toutes choses », mais également par le refus de la distinction entre la sphère publique et la sphère privée, où chacun pourrait montrer sa façon de vivre par webcam interposée pensant n’avoir rien à cacher. De plus le refus de la loi et la volonté de liberté rejoignent cet idéal de transparence. « La règle remplace la loi et l’autorégulation la norme ».
Ainsi, grâce aux techniques de communication, pouvant relier chaque être dans le monde entier, rien ne pourrait rester secret ou caché.
Salut Christine,
Géant ton site web.
Alors justement sur le commentaire de P. Breton, Jacques Attali écrit que grâce à Internet, et son idéal de transparence, lorsque enfin nous croirons que l’autre n’a plus rien à cacher, alors on aura vaincu la curiosité. N’est-ce pas une grande victoire et non une fatalité ?
Bise
Bonjour !!
Je ne pense pas que nous aurons vaincu la curiosité et bien au contraire même. Comme j’essairai de le montrer dans un post futur, l’utopie réside justement dans la croyance que grâce à Internet tout nous est accèssible et que le monde en sera meilleur.
Sur le net, si tout ou presque peut-être trouvé, il y a également beaucoup de désinformation, de mensonge, de fausses vérités… Bref cette transparence finalement n’en est pas vraiment une.
De plus petit à petit nous allons apprendre à nous servir de ce média de façon à contrôler à l’échelle de l’indvidu, comme à l’échelle du groupe, notre image numérique de sorte que finalement, le vrai, l’authentique n’y sera plus directement perceptible, la curiosité à donc une longue vie devant elle…
Ps : merci pour le compliment !
Bonjour
Comme vous l’écrivez de manière perspicace dans votre article, je cite :
* ‘..Modifier les relations humaines et sociales grâce aux NTIC..’
* ‘..Symbole de liberté et de la capacité à maîtriser le temps et l’espace..’
* ‘..Internet serait donc le symbole d’une nouvelle utopie..’
* ‘..le refus de la distinction entre la sphère publique et la sphère privée..’
* ‘..Ainsi, grâce aux techniques de communication, pouvant relier chaque être dans le monde entier, rien ne pourrait rester secret ou caché..’
Symboles, utopies, modifications des relations entre individus, intimité menacée, perte d’identité de l’individu, les NTIC sont aussi de puissants outils de destruction des relations humaines.
Cordialement
Otia